Dieu existe-t-il?


Jean referme la porte de la classe derrière lui.

Aujourd'hui, il est le dernier à quitter l'école pour prendre le chemin du retour. Le petit garçon est tellement préoccupé par ce que le maître d'enseignement religieux leur a dit que pendant tout le trajet en bus il tourne et retourne ses déclarations dans sa tête. Qu'a donc bien pu dire M. Franchet? Qu'il ne fallait pas prendre à la lettre tout ce que la Bible dit. Que la science montre que bien des choses se sont produites différemment. Que Jésus a incontestablement été un grand personnage historique, mais que...

Jean n'a pas perdu un mot de l'exposé. Il a écouté, le visage en feu, osant à peine respirer. Comment est-ce que M. Franchet peut mettre ainsi en doute la vérité de la Bible? Est-ce qu'il n'accepte donc pas la résurrection de Lazare par le Seigneur Jésus? Est-ce qu'il ne croit pas que le Seigneur Jésus est le Fils de Dieu et le Sauveur du monde? Et qu'Il est ressuscité? Et justement lui, M. Franchet, lui le maître le plus populaire de toute l'école! On peut parler de n'importe quoi avec lui; il a une réponse pour tout et aime les questions.

Jean a hâte d'arriver chez lui. Il pense à sa famille, à papa, à maman et à sa petite soeur. Le plus beau moment pour lui, c'est le soir, après le souper, quand ils sont tous ensemble et que papa leur lit un chapitre de la Bible, puis prie avec eux. Il y a longtemps déjà que Jean a reçu le Seigneur Jésus dans son coeur. Et jusqu'à présent il s'est toujours confié en lui et remis à lui. Pourquoi alors maintenant ces doutes? Qui faut-il croire: M. Franchet ou ses parents? Qui a raison: papa ou le maître?

A la maison, Jean remarque tout de suite que maman est en souci. Ah! Rita, sa petite soeur, est malade. La nuit passée déjà, elle avait beaucoup de fièvre. Jean l'a oublié tant il était occupé par ses propres problèmes. Sur la pointe des pieds il entre dans la chambre de la petite malade. Elle a les joues brûlantes de fièvre, et elle est si faible qu'elle le regarde à peine. En la voyant dans cet état, Jean sent les larmes lui monter aux yeux. Il s'approche du lit, se penche sur Rita et l'embrasse tendrement sur le front.

- Si tu mourais et que nous ne nous revoyions pas là-haut au ciel... murmure-t-il pour lui-même.

Rita est très mal; il n'y a presque plus d'espoir de guérison. Papa et maman passent toute la nuit auprès de la petite malade, cherchant par tous les moyens à la soulager. Avant de se glisser dans son lit, Jean joint comme toujours ses mains pour se recommander avec tous les siens à son Père céleste. Mais de nouveau les doutes l'assaillent. Est-ce que cela a un sens de prier? Jean repense à ce que son maître d'enseignement religieux a dit. Longtemps il reste éveillé. Il ne parvient pas à s'endormir, tant il est agité.

Soudain ses regards se dirigent vers la fenêtre, là dehors, sur le ciel sombre où brillent la lune et des milliers d'étoiles. Il semble s'en dégager un calme infini, une paix profonde - comme s'ils voulaient le consoler. Jean se lève et va à la fenêtre. Et là son âme est pénétrée par la beauté de ce spectacle nocturne. Il ressent clairement au fond de lui que Dieu se révèle autant dans ses paroles que dans sa glorieuse création. Il se sent contraint de joindre les mains.

- Seigneur Jésus, aide-moi. Montre-moi que tu existes. Je ne peux pas croire que M. Franchet a raison. Souviens-toi aussi, s'il te plaît, de Rita. Ne nous la reprends pas, mais guéris-la et laisse-la-nous encore longtemps. Amen.

Tard dans la nuit, le médecin revient encore une fois: pour lui, il n'y a plus d'espoir pour la petite Rita. Elle est trop affaiblie pour surmonter cette terrible maladie.

Mais Jean a confiance dans le Seigneur Jésus. Il est persuadé que sa prière sera exaucée. Ce soir-là, il s'endort très tard.

Le lendemain, une nette amélioration s'est produite dans l'état de Rita. Maman est débordante de joie. Son fils est encore au lit quand elle entre dans sa chambre pour lui annoncer l'heureuse nouvelle.

- Je le savais, dit Jean en levant les yeux sur elle. Lorsque maman est ressortie, le coeur bouillonnant de joie et de reconnaissance, Jean se met à genoux.

- Oh! Seigneur Jésus, merci, merci de tout mon coeur! Maintenant, j'ai la certitude que tu existes vraiment.