Paul et Marie


Paul va avec sa petite soeur au jardin d'enfants.

On les voit passer tous les jours, main dans la main, avec autour du cou leur petit sac contenant leur déjeuner.

Ils aiment tous les deux beaucoup leur école. On y fait une quantité de jeux. On apprend de jolies chansons, des petites poésies, et puis on dessine, on peint, on fait des découpages et des collages.

A la fin de l'année, la maîtresse remet à chacun des enfants un petit classeur avec tous les dessins et travaux fabriqués avec peine et application au cours des semaines. Avant les grandes vacances, ces cahiers sont exposés et admirés par de nombreux parents et amis. On comprend combien les enfants y tiennent.

Paul a reçu un de ces classeurs; il en est très fier.

Il ne le quitte pas, le montre à tout le monde et le prend même dans son lit.

Mais voilà qu'un jour le cahier a disparu. Paul le cherche partout sans réussir à le trouver. Il demande à chacun dans la maison s'il ne l'a pas vu, mais personne ne peut lui dire où il est.

Désespéré, il va se confier à sa tante. Il est en larmes: ne reverra-t-il donc jamais son classeur? La tante essaie de le consoler, en lui disant qu'il finirait bien par le retrouver une fois.

- Mais est-ce que tu as demandé au Seigneur Jésus de t'aider?

- Non. Est-ce qu'il sait, lui, où il est?

- Certainement.

- Alors, demande-le-lui, s'il te plaît! Tu sauras mieux faire que moi.

Après avoir dit, avec l'aide de sa tante, son gros chagrin au Seigneur Jésus, Paul a repris un peu courage. Tout de suite il recommence ses recherches, au vestibule, au salon, partout, mais le classeur est introuvable. Et le pauvre petit Paul perd tout espoir: il lui semble qu'il y a si longtemps qu'il cherche.

- Le Seigneur veut nous apprendre la patience, lui dit sa tante.

Paul continue à chercher. Mais sa tante est retournée seule dans la chambre à coucher; elle supplie le Seigneur Jésus de montrer à son neveu où est son cahier, afin que sa confiance enfantine ne soit pas déçue. En se relevant, elle pense soudain au grenier:

Paul avait dû aller y chercher quelque chose pour son grand-papa dans la matinée. Elle monte et là, à côté d'une étagère, elle découvre la casquette de Paul et dessous, son petit classeur.

A table, Paul ne peut s'empêcher de raconter à chacun que le Sauveur a entendu leurs prières et qu'il lui a rendu son cahier. Il est là maintenant, tout près de son assiette.

Marie, la petite soeur de Paul, a assisté à toute la scène. Pendant le repas, elle ne peut détourner ses regards du classeur.

Le lendemain, Marie vient vers sa tante. L'air tout triste, elle explique qu'elle a perdu sa belle balle neuve.

- Est-ce que tu l'as cherchée? demande la tante.

- Non. Mais est-ce qu'on ne peut pas demander au Seigneur Jésus de faire que je la trouve? La fillette lève sur la tante un regard inquisiteur, un peu espiègle.

La tante connaît bien sa nièce.

- Qui cherche trouve, se contente-t-elle de répondre, en donnant un baiser à la petite Marie et en retournant à la cuisine.

Lorsqu'elle revient au salon, un peu plus tard, Marie, assise par terre, joue avec sa belle balle neuve.