La bataille de boules de neige


Sur la place du marché, une joyeuse bande de garçons se livre à une formidable bataille de boules de neige. Les visages sont en feu, et c'est à qui visera le plus juste. Les rires et les cris résonnent dans le voisinage.

Tout à coup, un coup sourd, suivi d'un bruit de verre brisé. Un silence de mort s'établit; tous les regards se tournent vers l'épicerie située au bout de la place. La grande vitrine est cassée!

Au premier moment, les garçons sont comme paralysés. Mais, après un bref échange de clins d'oeil, c'est la débandade générale: tous disparaissent pour se cacher derrière les maisons.

Un seul est resté, Reinald. C'est lui qui a lancé la malheureuse boule de neige. Et alors, partir à toute vitesse et se cacher sans avouer qu'il est responsable? Non, il ne le veut pas. Il connaît le Seigneur Jésus et lui appartient. Pourtant, de leurs cachettes, ses camarades l'appellent:

- Sauve-toi, Reinald! Allons, Reinald, ne fais pas l'idiot! Disparais, voilà l'épicier!

Mais Reinald ne bouge pas. Ne les a-t-il pas entendus? ou ne veut-il pas les entendre?

L'épicier est là, devant lui. Furieux il crie:

- Qui a lancé la boule?

- C'est moi.

- Et tu as l'audace de me le dire comme cela, en face! L'homme a de la peine à se contenir. Quelle honte! Quelle insolence!

- Tu sais pourtant que tes parents vont devoir payer la facture!

- Oui, je le sais. Mais ... je ne voulais pas mentir. L'épicier ouvre de grands yeux. A-t-il vraiment bien entendu? Il est sans voix. Sa colère a disparu.

- Comment t'appelles-tu, mon garçon? finit-il par demander.

- S'il vous plaît, dites-moi d'abord ce que je peux faire pour réparer les dégâts que j'ai faits. Ma maman n'a pas d'argent pour payer la vitrine.

- Je suis heureux de voir que tu penses à ta maman. Je ne veux pas la faire payer. Mais écoute!

Cet hiver, chaque fois qu'il neigera, tu viendras avec un balai et une pelle et tu déblaieras le trottoir. D'accord?

Reinald ne se fait pas prier.

Et les habitants des maisons de la place du marché ne purent qu'admirer la ponctualité et le zèle avec lequel Reinald s'acquitta de sa promesse.