Une lumière


Qu'il fait froid! Comme tout paraît sombre! Le soleil s'est caché derrière d'épais nuages. Le vent chasse la pluie contre la fenêtre. Doris regarde dehors. « Quel jour triste et ennuyeux! » se répète-t-elle. Il n'y a personne pour s'occuper de la petite fille, personne pour jouer avec elle et faire passer le temps. Papa est au bureau; maman a mal à la tête, et le bébé, la petite soeur de Doris, pleure depuis un bon moment.

Doris est accoudée sur le rebord de la fenêtre, son petit nez écrasé contre la vitre. Ah! si seulement grand-maman était là!

Grand-maman a dit une fois que si on lisait le matin quelques versets de la Bible et qu'on essayait ensuite pendant la journée de mettre en pratique ce qu'on avait lu, on n'avait pas le temps de se sentir seule et triste, ni de s'ennuyer.

Alors Doris va chercher son Nouveau Testament.

N'est-ce pas le bon moment pour apprendre son verset pour l'école du dimanche? Elle a vite fait de le trouver, dans l'évangile selon Matthieu, au chapitre 5: « Vous êtes la lumière du monde: une ville située sur une montagne ne peut être cachée. Aussi n'allume-t-on pas une lampe pour la mettre ensuite sous le boisseau, mais sur le pied de lampe; et elle luit pour tous ceux qui sont dans la maison. Que votre lumière luise ainsi devant les hommes... »

Doris réfléchit. La journée est sombre, triste. Mais ne devrait-elle pas, elle, y amener un peu de lumière? Ne devrait-elle pas faire luire sa lumière devant ceux qui vivent dans la maison?

L'enfant pleure toujours. Doris va dans la chambre, sort délicatement sa petite soeur de son berceau, et s'assied pour la bercer. Lorsque, un peu plus tard, elle la recouche, le bébé s'endort calmement.

Doris se rend alors dans la chambre de ses parents. Maman avait si mal à la tête qu'elle a dû aller se coucher.

- Tu es bien gentille d'avoir été t'occuper de ta petite soeur, dit-elle. Je n'aurais pas pu y aller maintenant; je ne me sens pas bien.

Doris est tout heureuse d'avoir permis à sa maman de se reposer. Elle court à la salle de bains chercher une serviette humide, qu'elle vient poser sur le front de sa mère. Puis, après avoir tiré les rideaux pour qu'il n'y ait pas trop de lumière, elle quitte la pièce sur la pointe des pieds; elle entend sa maman murmurer: « Chère petite Doris! »

Dans la chambre de jeux, elle trouve l'occasion de mettre un peu d'ordre. Et à la cuisine! Il est maintenant déjà presque cinq heures et papa ne va pas tarder à arriver. « Il sera sûrement content de trouver la table mise, » se dit Doris.

Elle a juste terminé quand son père rentre.

- Eh bien! mon petit rayon de soleil, tu as bien travaillé!

Et un peu plus tard, lorsque maman se sentant mieux peut se lever, que la petite soeur, bien reposée, rit et gazouille, et que papa assis avec sa Doris a le temps de jouer avec elle, la vie se trouve transformée pour toute la famille, bien que le ciel soit aussi sombre qu'au début de l'après-midi et que la pluie, chassée par le vent, batte toujours les vitres.