Comment Christophe devint un bon petit garçon


C'était la première année scolaire de Christophe. Christophe n'avait que six ans et il trouvait l'école plutôt ennuyeuse. Mademoiselle Naud était une bonne institutrice, mais Christophe aimait jouer, taquiner et était un peu insupportable. Cela ne voulait pas dire qu'il était vraiment mauvais, mais il aimait mieux s'amuser qu'étudier ses leçons. Mademoiselle Naud aimait Christophe et essayait de l'aider à devenir un bon petit garçon. Chaque fois qu'il avait été désagréable, Christophe promettait d'être sage et mademoiselle Naud faisait tous ses efforts pour être patiente avec lui. Un jour, il sembla que tout allait mal. Christophe s'était plus mal conduit que d'habitude et dut rester après la classe une fois de plus. Il eut peur d'être puni sévèrement cette fois et se demanda avec inquiétude ce que mademoiselle Naud allait bien lui faire.

Les autres garçonnets et fillettes étaient tous partis, et Christophe était assis tout seul à son banc dans la salle de classe. Mademoiselle Naud ne dit rien pendant un bon moment. Elle se demandait ce qu'elle pourrait bien faire pour aider Christophe à devenir réellement un bon petit garçon et à ne plus faire continuellement des sottises. Christophe remarqua finalement qu'elle avait une règle à la main, et il se demandait avec angoisse si elle allait lui en donner des coups. Mademoiselle Naud ne l'avait jamais frappé, bien qu'il reconnaisse l'avoir parfois mérité. Finalement, mademoiselle Naud s'approcha du banc de Christophe, la règle à la main. Christophe pensa: « Maintenant, elle va me frapper, c'est sûr. » Mais quand elle fut près de Christophe, elle dit: « Christophe, je ne sais plus quoi faire avec toi. J'ai fait tout ce que je pouvais pour que tu deviennes meilleur. Tu vois, Christophe, je t'aime et je veux t'aider.

Ces paroles impressionnèrent Christophe, parce que mademoiselle Naud avait été très gentille avec lui et avait essayé de le supporter patiemment. Enfin, elle dit: « Christophe, je ne te frapperai pas avec cette règle, bien que tu aies été un méchant garçon. Je veux te montrer combien je t'aime, aussi je vais te donner la règle, et je recevrai la punition à ta place. »

Elle donna la règle à Christophe et tendit sa main. « Maintenant, dit-elle, donne sur ma main autant de coups que ta main devrait en recevoir.»

« Oh! pensa Christophe, c'est affreux! Je ne peux pas faire cela.

Elle n'a rien fait de mal. Pourquoi est-ce que je devrais la frapper? » Mademoiselle Naud dit alors doucement: « Vas-y, Christophe, frappe fort sur ma main, plusieurs fois. » Christophe pouvait à peine tenir la règle dans sa main, cela va sans dire qu'il pouvait encore moins s'en servir, mais il réussit finalement à donner un petit coup sur la paume de mademoiselle Naud. « Ça suffit certainement », pensa-t-il, et il espéra qu'elle ne lui demanderait pas de la frapper à nouveau. « Plus fort », dit mademoiselle Naud, et Christophe leva la règle pour frapper plus fort cette fois, mais il ne réussit pas à le faire. Tandis que la règle s'abaissait, les larmes lui venaient aux yeux, et la règle tomba par terre. Il s'effondra sur le bureau, la tête entre les bras, et dit en sanglotant qu'elle ne devait pas être punie davantage.

Mademoiselle Naud, voyant que Christophe avait vraiment le coeur touché, l'entoura de son bras et lui dit combien elle l'aimait et pensait qu'il allait bien se conduire à l'école après cette expérience. Christophe promit de faire tout son possible pour répondre à ce qu'elle attendait de lui. Il lui fallait se souvenir combien il lui avait été pénible qu'elle reçoive la punition à sa place.