Ose être un Daniel!


Chaque fois que nous lisons l'histoire de Daniel, nous remarquons sa foi et sa fidélité. Parce qu'il ne voulait pas désobéir à Dieu et faire ce qu'ordonnait le roi, lui et ses amis allaient être mis à mort. Mais Daniel résolut d'être fidèle, quelles que soient les circonstances. Quand il apprit qu'il devait être tué ainsi que ses amis, il ne chercha pas à s'enfuir; il ne les quitta pas; il resta avec eux et ensemble ils prièrent et demandèrent à Dieu de venir à leur aide. Cela me rappelle une histoire que j'ai lue il n'y a pas longtemps. Il s'agit de l'expérience que firent un jour à la ferme, Denis et Isabelle.

Denis et Isabelle vivaient avec leur oncle Émile. C'était l'époque des travaux de printemps, et comme il faisait beau, les enfants allèrent jouer dehors. Ils se trouvaient sur le flanc du coteau, près de la vieille meule de foin, quand ils virent arriver sur le chemin oncle Émilie qui rentrait les vaches pour la traite du soir. Tandis que Denis regardait passer les vaches, Isabelle entendit tout près de là: « Piou, piou, piou ». À côté de la meule de foin se trouvait la mère poule avec sa couvée. Les petites boules de duvet couraient çà et là, picotant et pépiant, se cachant sous les ailes de leur mère, puis sortant de dessous ses plumes. La mère poule, Roussette, n'aimait pas voir les enfants s'approcher trop près. Quand ils essayaient d'attraper un de ses petits poussins, elle hérissait ses plumes et gloussait avec ardeur. Les enfants s'amusèrent à regarder les petites boules duveteuses courir allègrement jusqu'à ce que tante Emma les appelle pour le dîner.

Le dîner venait juste de finir quand des nuages menaçants vinrent annoncer une tempête prochaine. Le ciel devint noir et les éclairs sillonnèrent le ciel; avant que Denis ait eu le temps de se coucher, la pluie tombait à torrents. L'orage se calma finalement, mais, pendant que les enfants dormaient, une autre tempête accompagnée d'éclairs et de tonnerre éclata.

La foudre tomba près de la vieille meule et mit le feu à la paille sèche. Avant qu'oncle Émile ait eu le temps d'éteindre les flammes, la plus grande partie de la meule avait brûlé. Denis et Isabelle allèrent voir le lendemain matin ce qu'il en restait, et tout près ils virent un objet noir brûlé en partie. Ils étaient incapables de dire ce que c'était. Denis poussa l'objet brûlé avec le pied, et les enfants entendirent alors: « Piou, piou, piou. » La forme noire et brûlée était ce qui restait de Roussette, transformée par le feu en une sorte de carapace, et protégeant les petites boules duveteuses. Lorsque Denis s'approcha, les poussins sortirent en pépiant et sautillant, sains et saufs, bien que leur mère soit morte. Denis et Isabelle regardèrent la couvée pépiante et le corps carbonisé de la mère fidèle, dont l'amour pour ses petits poussins l'avait empêchée de s'enfuir quand ils étaient en danger. Elle aurait pu se sauver, mais, pris de panique, ses petits se seraient dispersés et auraient été brûlés par le feu. Elle donna sa vie pour sauver ceux qu'elle aimait, comme Jésus donna sa vie pour nous sauver, parce qu'il nous aime.

Daniel aurait peut-être pu se sauver quand sa vie était en danger, ou abandonner ses amis à une mort certaine. Mais il ne voulait pas faire cela. Il était fidèle et sincère, même dans les moments de grandes difficultés. Les garçonnets et les fillettes qui aiment Jésus seront sincères et fidèles même quand il n'est pas facile de l'être.