Un cadeau bienvenu


- Oh ! Mamie, c'est vraiment pour moi?

Charline était si heureuse qu'elle battait des mains.

- Mais oui, ma chérie, c'est pour toi, dit la bonne grand-maman en lui tendant un très joli livre à colorier et une boîte de crayons de couleur. La semaine dernière, quand j'étais chez toi, je t'ai entendu dire à tes poupées que tu aimerais un livre à colorier, est-ce vrai?

- C'est bien vrai que je l'ai dit, mais je ne pensais pas que tu m'entendais, dit Charline confuse.

Le téléphone sonna, et grand-maman alla répondre. Charline en profita pour admirer ses nouveaux trésors. Elle en était vraiment ravie!

- C'était ta maman, dit la vieille dame. Elle désire que tu rentres maintenant, car tu dois lui faire quelques commissions. Surtout, fais bien attention en traversant! Et reviens bientôt, mon petit rayon de soleil!

Après avoir tendrement embrassé la bonne dame, Charline partit. Un coup d'oeil à droite, un coup d'oeil à gauche, oui, la rue était libre, elle pouvait traverser. De l'autre côté se trouvaient de gentils pavillons, l'épicerie à la vitrine toujours si tentante, et à côté... à côté une cour beaucoup moins accueillante où une fillette, assise sur un pliant, s'efforçait de dessiner. Mais elle n'avait que deux ou trois bouts de crayon avec lesquels elle barbouillait, très appliquée, un sac d'épicerie. Charline s'arrêta.

Bonjour! Je m'appelle Charline. Et toi?

- Moi? dit la fillette après une hésitation. Moi, je m'appelle Alberte.

Dis, Alberte, pourquoi écris-tu sur ce vieux sac brun? - Mais, je n'ai rien d'autre.

Charline n'en revenait pas. Elle dit encore quelques mots et reprit son chemin, plus lentement cette fois. Ces bouts de crayon tout usés! Ce papier sur lequel on ne distinguait pratiquement pas les couleurs! Et dire qu'elle avait chez elle deux livrets à colorier même pas remplis! Et deux autres boîtes de crayons! Bien sûr, elle était fatiguée de ces deux livrets, voir toujours les mêmes images, cela devient lassant. Mais n'était-ce pas une idée d'enfant gâtée? Et ses boîtes de crayons étaient encore convenables. Elle pourrait s'en servir longtemps.

Tout à coup, elle se mit à courir. Elle courait vers sa maison, car elle avait une chose très importante à demander à sa maman. Un peu plus tard, elle était de nouveau dans la rue, tenant d'une main son panier à commission contenant son porte-monnaie, et de l'autre un beau paquet rose noué d'un ruban. Vous savez très bien ce qu'il y avait dans ce paquet, n'est-ce pas? Le joli livre à colorier et la boîte de crayons de grand-maman.

Comme elle s'est montrée désintéressée, la petite Charline!