Être chrétien


Jimmy referma la barrière et descendit la rue, pensif. Tout sourire avait disparu de son gentil visage. Lui qui était si réjoui en se rendant tout à l'heure chez son ami Marcel! Il ne voyait plus les fleurs du chemin, il n'entendait plus les oiseaux. Que s'était-il donc passé? Eh bien, tout simplement, il avait invité son camarade à venir avec lui à l'école du sabbat et celui-ci avait répondu méchamment:

- Venir à ton église? Ah non! Je ne voudrais pas te ressembler!

Jimmy en avait été très surpris. Il avait essayé d'expliquer comment, à l'école du sabbat, on apprend à connaître Jésus. Mais le garçon n'avait rien voulu entendre. Jimmy était très triste. Et puis, l'incident de la veille lui revint en mémoire.

La veille, Marcel était venu jouer avec lui. D'habitude, ils s'entendaient très bien, tous les deux. Jimmy prêtait à son camarade tout ce qu'il voulait - excepté son chapeau de paille auquel il tenait beaucoup, et qu'il ne quittait jamais, sauf pour manger et dormir. Un chapeau aux bords retournés, un vrai chapeau de cow-boy! Jamais son papa ne lui avait fait un si beau cadeau!

- Prête-le-moi un peu, avait supplié Marcel, en regardant avec admiration les rubans verts qui l'ornaient, et la jugulaire de cuir; je t'assure que je ne l'abîmerai pas!

- Je te le prête une minute pour le regarder, mais surtout ne le mets pas sur ta tête.

La maman, qui entendait discuter les enfants, avait essayé de raisonner son fils.

- Tu as tout le temps de porter ton chapeau, avait-elle dit.

Marcel te le rendra quand il partira.

Marcel, pensant que sûrement son camarade obéirait à sa mère, avait vivement saisi le chapeau et l'avait placé sur sa propre tète, mais, rapide comme l'éclair, Jimmy l'avait poussé si rudement qu'il était tombé contre le mur et s'était fait une bosse. Jimmy, désolé, avait essayé de consoler son ami qui pleurait à chaudes larmes.

- Je ne jouerai plus avec toi, avait crié ce dernier. Je m'en vais chez moi. Le voilà, ton chapeau! Je ne te l'abîmerai plus!

- Oh! Jimmy, je regrette! ne t'en va pas! je t'en prie! Mais le garçon était parti en courant. Maintenant, Jimmy donnerait n'importe quoi pour retrouver l'amitié de Marcel. Il l'a invité à venir avec lui à l'école du sabbat, mais Marcel a répondu:

- Je ne veux pas venir à ton école du sabbat. D'abord, je ne t'aime pas!

En racontant tout cela à sa mère, Jimmy était vraiment désolé.

- Que dois-je faire, maman? C'est à cause de moi que Marcel ne veut pas devenir chrétien!

La maman qui coud sous une petite tonnelle, dans le jardin, reste pensive elle aussi... Jimmy vient s'asseoir près d'elle.

- J'espère que tu as compris la leçon, mon cher enfant, dit-elle. En tant que chrétiens, nous devons tellement veiller sur nos paroles et sur nos actes! Si nous nous montrons aimants, affectueux, comme Jésus, ceux qui nous regardent auront envie de nous ressembler. Mais si nous agissons égoïstement, les gens diront, comme Marcel:

- Si ce sont là des chrétiens, je ne veux pas en être! Et nous faisons le travail de Satan!

Jimmy a les larmes aux yeux.

- Que faut-il faire, maman? demande-t-il encore une fois.

- As-tu prié à ce sujet, Jimmy?

Le garçon secoua la tête.

- Pourquoi? Jésus t'aiderait à savoir ce que tu dois faire maintenant.

En effet, Jimmy demanda à Jésus de l'aider, mais auparavant il confessa sa mauvaise action. Et la lumière se fit en lui.

- Maman, puis-je aller chez Marcel?

- Oui, mais reviens assez vite, car ton père va arriver. Quand Jimmy revint, il avait la tête nue, mais les yeux brillants. Il avait donné son chapeau à son camarade!

- Tout le monde commet des fautes, lui avait-il dit. Mais les chrétiens essaient de les réparer.

Marcel avait souri.

- Moi aussi, j'ai eu tort. J'aurais bien besoin de devenir chrétien!