Où sont les clés?


Norine et Adèle avaient aidé leur maman à sortir de la voiture les nombreux paquets qui y étaient entassés.

- Oh! Norine, dit tout à coup la maman, j'ai oublié la clé de contact dans la voiture. Voudrais-tu aller la chercher, s'il te plaît?

- Volontiers, dit la fillette. La clé en question se trouvait enfilée avec d'autres autour d'un anneau. Comme sa maman était occupée dans la cuisine, Norine alla déposer le petit trousseau sur le lit où étaient déjà entassés les paquets.

La voiture n'avait pas été rangée parce que toute la famille devait aller rendre visite à grand-maman, qui, en tombant, s'était cassé la jambe. Il avait fallu la transporter à l'hôpital, et, bien sûr, chaque après-midi les fillettes allaient avec leur mère lui rendre visite.

Elle vivait avec eux, cette chère grand-mère, et la maman voulait profiter de son absence pour rafraîchir un peu l'aménagement de sa chambre. Quelle surprise ce serait pour elle, en rentrant, de trouver tout si joli!

- Est-ce que je te passe les rideaux maintenant? demanda Adèle.

- Oui, s'il te plaît, je veux les poser immédiatement.

Adèle prit sur le lit le paquet contenant les rideaux, et le porta à sa mère. C'étaient de très jolis rideaux blancs à fleurettes, assortis aux doubles rideaux. Pendant que la maman s'affairait, aidée de son aînée, la plus jeune époussetait, allait chercher des fleurs dans le jardin.

- Pourquoi si vite chercher des fleurs? Grand-mère ne rentrera que dans une semaine, voyons.

- Ah oui, c'est vrai, j'oubliais, dit la petite étourdie. Mais cela ne fait rien, nous les lui porterons!

- Et maintenant, en route! dit la maman quand tout fut achevé. Où sont les clés de la voiture?

- Je les ai posées sur le lit, dit Norine. Oh! maman, est-ce que tu ne les as pas déjà prises?

- Mais non, ma chérie, je ne les ai même pas vues depuis que nous sommes rentrées. J'espère que tu ne les as pas perdues!

- Je ne les ai pas perdues, maman, mais je ne les retrouve plus!

- Je vais regarder sous le lit, dit Adèle. Mais elle ne trouva rien.

- Elles sont tombées du lit quand nous avons ôté les paquets, dit la maman. Regardons bien partout.

C'est ce qu'elles firent, en inspectant même la chambre de la grand-mère.

- Je vais prendre la lampe de poche et regarder encore sous le lit, dit Adèle.

Elle eut beau regarder: pas de clés! Il n'y avait absolument rien sous le lit, si ce n'est une vieille paire de chaussures.

- C'est bizarre, dit la maman. J'ai examiné tous les papiers d'emballage, et là encore je n'ai rien trouvé. Il nous faut absolument ces clés. Es-tu sûre de ne pas les avoir perdues en venant?

- Mais oui, maman, j'en suis sûre, dit Norine désolée. Je les ai posées sur le lit avec les paquets. Oh! j'aurais dû te les donner!

- Allons, chérie, ne pleure pas, dit la mère avec bonté, cela n'avance à rien. Elle sortit lentement de la maison en regardant à terre jusqu'à ce qu’elle soit arrivée à la voiture.

- Je vois bien qu'elle ne me croit pas, dit Norine. Elle retourne à la voiture!

- Nous devons chercher vraiment partout, dit Adèle. Si nous ne trouvons pas les clés, nous ne pourrons aller voir grand-maman, et elle sera rudement inquiète.

- Je ne sais vraiment plus où j'en suis, dit Norine. Il faut demander à Jésus de nous aider, sinon nous n'en sortirons pas.

Elle s'agenouilla près du lit, et sa soeur s'agenouilla près d'elle.

- Cher Jésus, dit Norine, aide-nous à trouver les clés de la voiture. Tu sais combien nous en avons besoin. Nous avons fait tout notre possible. Toi, tu sais où elles sont. Aide-nous, je t'en prie, à les trouver à temps pour pouvoir aller voir grand-mère. Amen.

- Oui, Jésus, aide-nous, ajouta Adèle.

Les fillettes se relevèrent et se regardèrent l'une l'autre.

- Ne restons pas ainsi à ne rien faire, dit Norine. Il faut encore chercher. Les clés doivent se trouver dans cette chambre. Elles n'ont pas des pieds, tout de même!

Elle ajouta :

- Et elles doivent être près de ce lit. C'est là que je les ai mises.

- Elles ne peuvent pas s'être glissées sous le dessus de lit, dit Adèle.

Cependant, elles ôtèrent le dessus de lit et le secouèrent soigneusement.

- Nous devons regarder partout... Mais pas les moindres clés!

- Je donne ma langue au chat! dit tristement Norine.

Elle avait heurté les vieilles chaussures de sa maman en secouant le dessus de lit.

- Pourquoi ces souliers sont-ils ici au lieu d'être dans le réduit? dit-elle avec mauvaise humeur. Voudrais-tu les mettre en place, Adèle, pendant que je finis d'arranger le lit?

Adèle prit les chaussures - et entendit à l'intérieur un raclement. Elle les tourna rapidement sens dessus dessous et...

- Norine, regarde! cria-t-elle.

Tout le petit trousseau, brillant et tintant, tomba sur le sol.

Norine, avant même de le ramasser, se jeta à genoux:

- O merci, Jésus, je savais que tu nous aiderais! Merci de tout coeur!